Nous vous proposons un ensemble de définitions, accompagnées de vidéos, pour illustrer certains termes utilisés dans les « Docs du Choeur ».

SOMMAIRE (cliquez sur la définition qui vous intéresse pour y accéder directement) :

ARPÈGE :

L’arpège définit un manière particulière de jouer un accord.
Un accord est un ensemble de notes (au moins 3), jouées ensemble et formant un tout du point de vue de l’harmonie.
Dans le cas de l’arpège, ces mêmes notes ne sont plus jouées simultanément mais les unes après les autres.
Cela est particulièrement visible dans la Sonate au Clair de lune de Beethoven ou dans l’exemple suivant – qui vous rappellera votre enfance ! :
https://www.youtube.com/watch?v=1Vy4Q_XLOCM
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BASSE CONTINUE (aussi basse chiffrée ou continuo) :

On désigne ainsi, pour toute la période baroque (env. 1600-1750), l’écriture de la partie d’accompagnement instrumental qui se résume à une ligne mélodique de basse et un système de chiffrage (parfois sous-entendu). Voici une première explication simple : https://youtu.be/gcmx3MQ2Jeo.
Et une autre, un peu plus développée : https://youtu.be/O1YtWmj4yz4.
Mais ce que disent peu ces premières approches c’est l’extraordinaire variété possible des combinaisons pour cette simple ligne sur la partition. Outre le clavecin, on pourra avoir l’orgue, les différents luths (théorbe, chitarrone, guitare), la harpe, et en soutien sur la ligne mélodique violoncelle, contrebasse (ou violone), viole de gambe, basson, trombone ou même un instrument très curieux de la famille des violes, le lirone, conçu précisément pour pouvoir jouer plusieurs cordes en même temps et ainsi faire la basse et les accords. Le choix des instruments est souvent laissé à l’interprète, mais Monteverdi, l’un des principaux promoteurs de ce mode d’écriture, dès 1600, nous offre de très précieuses indications dans la partition de l’Orfeo : https://imslp.simssa.ca/files/imglnks/usimg/1/11/IMSLP498423-PMLP21363-i-mo-beu-mus.d.249.pdf.

Dans la version ci-dessous, on voit et on entend très bien les différentes options. Suivant précisément les indications originales on a par exemple :

  • Un orgue et un chitarrone (31’44’’) – la Messagère
  • Un clavecin, un chitarrone et un violoncelle (32’20’’) – Orfée
  • Une régale = orgue muni uniquement d’un jeu d’anches (59’53’’) – Charon

https://www.youtube.com/watch?v=dBsXbn0clbU&t=3649s

Enfin, la partie non écrite et signifiée par le chiffrage laisse une latitude immense à la réalisation du musicien qui improvise, presque à la manière d’un jazzman. Dans l’exemple ci-dessous on découvrira (outre une très grande diversité d’instruments rares) de très beaux exemples de réalisations de basse continue (prises de vues explicites) parfois avec deux clavecins et deux chitarrones qui se complètent là où intuitivement on croirait qu’ils pourraient se recouvrir (on n’imaginerait pas deux pianos ensemble jouant presque la même partition).
https://www.youtube.com/watch?v=01CZiNxFBaw
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CANTILLATION : 

Déclamation chantée des textes sacrés, principalement utilisée par les religions chrétienne, coranique, hébraïque, et bouddhique.

Quelques citations :

La cantillation traverse toutes les cultures religieuses et humaines. Le prêtre chrétien cantille en latin à l’autel de l’église Dominus Flevit, et son regard traverse le vitrail au-dessus de l’autel : devant lui s’étend l’esplanade du Dôme du Rocher voisin de la mosquée où le muezzin cantille l’adhan, l’appel à la prière musulmane, et plus loin s’étale la vieille ville de Jérusalem dans laquelle plusieurs synagogues abritent un ḥazane cantillant les versets du Tanakh, la Bible hébraïque. À l’orient de Jérusalem l’Asie s’étend jusqu’au Japon, cette Asie où de nombreux moines bouddhistes cantillent les sûtras bouddhiques de leur Tradition. — (Article Cantillation de Wikipédia en français, juillet 2009)

[La cantillation est un] style où la parole aura la prépondérance sur la musique, mais où cette dernière joue un rôle évident de régulateur et de revêtement solennel. – (Solange Corbin, “La cantillation des rituels chrétiens”, Revue de musicologie, vol. 47, n° 123, juillet 1961, p. 3.)

Exemples musicaux :

La cantillation dans la tradition chrétienne est principalement utilisée pour le chant des psaumes, d’où sa proximité avec la notion de « psalmodie » :
https://www.youtube.com/watch?v=sVux2ISf8nU

Le terme a été utilisé dans notre document sur les Passions (rappel des liens de ce document) :
https://www.youtube.com/watch?v=2xNdWG-XO-k
https://www.youtube.com/watch?v=5giKjViJkc0

La tradition islamique est également très riche ; l’exemple ci-dessous est un intéressant parallèle avec la tradition chrétienne grégorienne :
https://www.youtube.com/watch?v=OQHp_o2TepY
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CANTUS FIRMUS : 

Dans la musique médiévale et celle de la Renaissance, le cantus firmus (chant fixe, autour duquel tout s’ordonne) est une mélodie préexistante (généralement religieuse mais aussi profane) servant de base à une polyphonie. Il est utilisé dès le XVe siècle comme trame permettant d’unifier les différentes parties de la messe, avant de prendre des formes plus élaborées. Sur le plan pédagogique et théorique, dans le cadre de l’étude de l’écriture musicale, il s’agit d’une mélodie, le plus souvent assez brève et écrite en valeurs longues, destinée à servir de support aux exercices de contrepoint. (Source – Wikipedia).

Exemple musical : Josquin Des Prés – Messe « Hercules dux Ferrarie » : https://www.youtube.com/watch?v=2Kj0C9KvcwY

C’est un exemple spécial de cantus firmus où le thème de la mélodie principale dérive des voyelles du nom du dédicataire (Hercule 1er duc de Ferrare) : « Her » devenant la note ré, « cu » la note ut (do), « les » la note ré… donnant la mélodie ré do ré do ré fa mi ré.

L’utilisation de ce thème par Josquin Des Prés est au début très systématique : après une exposition à la partie supérieure, il le présente au ténor (place la plus courante, et de ce fait noyé dans la pâte sonore et très difficilement perceptible). Dans une très grande partie de cette œuvre importante (plus de 25 minutes), chaque section voit apparaître ce cantus firmus 3 fois, à 3 hauteurs différentes. Dans la seconde partie de l’œuvre, ces apparitions varient quelque peu ; on admire dans l’ensemble, une constante variété du traitement et un grand art de l’imitation.
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CHORAL (UN) :

Depuis le 16e siècle l’église protestante allemande, sous l’impulsion de Luther, a développé un répertoire immense de cantiques. Ce sont des mélodies simples, faciles à retenir. Enrichis ensuite à 4 voix, ces chorals étaient très souvent chantés par l’ensemble des fidèles lors des célébrations ou en famille. Aussi, lorsque Bach par exemple, inséra des Chorals dans ses Passions, il permit aux auditeurs de se sentir partie prenante de l’œuvre, qui (re-)trouvait ainsi une familiarité avec la musique d’église qu’ils connaissaient. Dans l’exemple sonore ci-après on entendra la mélodie seule de l’un des 43 chorals authentiquement composés par Luther, suivie de son harmonisation, un siècle plus tard par Heinrich Schütz : https://www.youtube.com/watch?v=L11SXgo6XOQ.
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CONTREPOINT :

Voir l’explication magistrale de Jean-François Zygel :
https://www.youtube.com/watch?v=c33B4mokZiA
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MADRIGAL :

Composition vocale polyphonique a capella, ou monodique avec accompagnement, et qui cherche à traduire les moindres inflexions d’un poème (ex. Petit Larousse).
L’âge d’or du madrigal se situe dans l’Italie de la seconde moitié du 16e siècle avec des compositeurs comme Marenzio, Rore, Gesualdo, Vecchi, Banchieri et bien sûr Monteverdi.
Les oeuvres de Marenzio font partie des compositions les plus fraiches et enjouées de ce genre : https://www.youtube.com/watch?v=z298aDdtiI0.
Une présentation plus poussée permettrait de montrer qu’au 15e ou au 17e siècle les madrigaux possèdent des caractéristiques musicales bien différentes, mais elle dépasserait le cadre de ce glossaire.
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MOTET :

Pièce vocale religieuse, en marge de l’ordinaire de la messe, à une ou plusieurs voix, soutenues ou non par des instruments (ex. Petit Larousse).
Palestrina est toujours cité en exemple pour son écriture parfaitement équilibrée : chaque voix participe en effet au tissage de la texture vivante et sereine à la fois. Voici une très belle série de 29 motets (chaque pièce ne dure que 2 ou 3 minutes), servie par l’excellent Hilliard Ensemble. Les textes sont ici tous tirés du livre du Cantique des Cantiques.
https ://www.youtube.com/watch ?v=PQo_LirQY-k
Au cours des siècles les formes de motets ont cependant beaucoup varié et peuvent recouvrir des réalités musicales fort diverses.
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ORATORIO :

Composition musicale dramatique, à sujet religieux ou parfois profane, avec récitatifs, airs, chœurs et orchestre, sans représentation (ex. Petit Larousse).
Au cours de son histoire qui débute à Rome en 1600 l’oratorio a connu des formes et des développements variés. Outre les exemples célèbres de Schütz, Bach, Haendel ou Mendelssohn, Marc-Antoine Charpentier nous réserve de magnifiques découvertes. Intitulées généralement « Histoire sacrée », ces œuvres correspondent parfaitement au genre de l’oratorio.
Voici par exemple le Reniement de Saint-Pierre :
https://www.youtube.com/watch?v=ztBaZPcxer8.
Ici de manière très concise et particulièrement vivante Charpentier présente la succession des trois dénégations de Pierre, se concluant par une des pages les plus déchirantes de l’époque baroque, évoquant ses pleurs. Pour mieux suivre le déroulement on pourra consulter ce commentaire publié par le Choeur d’Oratorio de Paris :
https://www.oratoriodeparis.asso.fr/IMG/pdf/M-A-_Charpentier_-_Le_Reniement_de_Saint-Pierre.pdf
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QUINTE :

On utilise le terme d’« intervalle » pour définir l’écart entre deux notes et leurs hauteurs respectives. Si cette distance est égale à cinq degrés, (c’est-à-dire qu’elle est constituée de trois tons et d’un demi-ton diatonique), on parle de « quinte ».  Tel est le cas, par exemple, pour l’intervalle DO-SOL : on énumère bien 5 notes (DO – RÉ – MI – FA – SOL) entre le DO et le SOL.
Culturellement, certains intervalles, comme la quinte, nous semblent plus agréables à entendre que d’autres. Cette consonnance musicale s’explique mathématiquement : nous aimons associer les sons dont les fréquences ont un rapport arithmétique simple : 4/3 (quarte juste) ou 3/2 (quinte juste).
La quinte est appréciée dans de nombreuses cultures musicales, y compris en dehors du monde occidental, pour sa résonance naturelle.
L’extrait de Kamelott ci-dessous illustre bien cette préférence pour des sons plus « purs », au Moyen-Âge, comme la quinte juste et, à l’inverse, une aversion pour d’autres, plus complexes.
https://www.youtube.com/watch?v=99lhRf0FUHA
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